RELOOKINGS : 2. Judy Garland, dans A STAR IS BORN (Une Étoile est née), de George Cukor
14 mai 2011 à 20 h 22 min | Publié dans DRAME | Laisser un commentaireTags : CUKOR George, GARLAND Judy, MASON James
Le visage ”hors norme” de la chanteuse Esther Boldgett (Garland) est une source de tracas pour les maquilleurs de son studio qui doivent lui inventer dans l’urgence un nouveau look : “Le problème, c’est le NEZ”, décrète le chef maquilleur, tandis que ses adjoints proposent de travailler les sourcils (“à la Dietrich”), la bouche (“à la Crawford”). La pauvre Esther ressort d’entre leurs mains fardée comme une Barbie et coiffée d’une perruque blonde. Son découvreur, Norman Maine (James Mason) ne la reconnaît même pas. Hilare et horrifié, il l’entraîne dans ses appartements, l’oblige à se démaquiller et lui restitue en quelques minutes sa VRAIE beauté, dans cette scène d’une grande simplicité, qui mêle humour, autodérision (“Mes yeux sont trop grands, je n’ai pas de menton…” ) et émotion.
Une ellipse… et la transmutation s’opère sans qu’il soit besoin d’entrer dans les détails : les yeux de l’amour ont suffi à réaliser ce petit miracle.
RELOOKINGS : 1. Bette Davis, dans NOW VOYAGER (Une Femme cherche son destin), d’Irving Rapper
10 mai 2011 à 19 h 57 min | Publié dans DRAME | Laisser un commentaireTags : Bette Davis, Charles Drake, Claude Rains, Gladys Cooper, Ilka Chase, Now Voyager, Walt Whitman
Le relooking est un thème classique du cinéma hollywoodien, illustré tant par des comédies ou comédies musicales (NINOTCHKA, FUNNY FACE), que des thrillers (VERTIGO), mélodrames (UNE ÉTOILE EST NÉE), drames ou comédies romantiques (SABRINA).
ÉCRAN CAPTIF ouvre avec NOW VOYAGER une série limitée de billets consacrée à ce thème. Comme d’habitude, nous laisserons la parole à l’image, en limitant la présentation et les commentaires au strict minimum.
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SYNOPSIS (couvrant exclusivement la partie “captée” jusqu’à la MÉTAMOPHOSE DE CHARLOTTE)
I. LA MÈRE
Charlotte Vale (Bette Davis) est une vieille fille névrosée, prématurément usée, qui vit en recluse sous la coupe d’une mère tyrannique (Gladys Cooper). Craignant pour sa santé, sa belle-sœur, Lisa (Ilka Chase), invite un psychiatre, le Dr. Jaquith (Claude Rains), au domicile des Vale afin qu’il se livre à une évaluation discrète.
2a. FLASHBACK. 2b.L’APPEL À L’AIDE
En tête-à-tête avec Jaquith, Charlotte relate une idylle de jeunesse avec un bel officier de marine (Charles Drake), et la manière brutale dont sa mère y mit fin pour continuer d’exercer son emprise sur elle. Elle implore l’aide du psychiatre.
3. LA CLINIQUE
L’état de Charlotte s’améliore sensiblement à la clinique de Jaquith, mais elle ne se sent pas la force de tenir tête à sa mère et échapper à sa domination. Jaquith lui remet alors l’extrait d’un poème de Walt Whitman, pour l’encourager à chercher elle-même sa voie (“Now Voyager, sail thee forth to seek and find”)…
4. La CROISIÈRE et la MÉTAMORPHOSE de Charlotte sont décrites dans les légendes des captures.
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LA MÈRE
FLASHBACK : L’IDYLLE BRISÉE
RETOUR AU PRÉSENT : CHARLOTTE APPELLE À L’AIDE
Partant en gros plan sur une très élégante paire de chaussures, la caméra remonte lentement jusqu’à son visage, détaillant au passage son spectaculaire relooking : son tailleur, ses longs gants blancs, ses rondeurs insoupçonnables sous les robes informes qu’elle portait jusqu’alors, et enfin son visage, magnifié par un sublime chapeau blanc et une voilette diaphane.
Charlotte marque un temps d’arrêt. Elle prend la mesure de son impact sur le groupe (hors champ), et descend lentement la rampe à pas mesurés. Elle est prête sa première aventure. Nul ne saura jamais comment elle a réussi à se transformer aussi radicalement de l’intérieur pour se réapproprier son corps, son apparence, son esprit. THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion), de Billy Wilder) – La “scène du métro”… en photo et à l’écran
7 mai 2011 à 20 h 45 min | Publié dans COMÉDIE | 2 CommentairesTags : MONROE Marilyn, WILDER Billy
Voici la photo d’une des scènes les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Elle a fait le tour du monde et a contribué à fixer la légende de Marilyn. Aux yeux de millions d’hommes et de femmes de toutes générations, cette image en venue à symboliser Hollywood et tout un pan culturel des années cinquante, de la même manière qu’une photo du couple Bogart/Bacall résume l’esprit des années quarante, une photo de BONNIE AND CLYDE l’esthétique des sixties, etc.
Il n’est pas nécessaire de connaître les fifties pour percevoir dans ce cliché la lumineuse candeur d’une ère d’opulence, où tout devenait plus ample, plus accueillant, plus “rond”, plus doux au toucher, des courbes féminines au profil des voitures et à l’appareillage électroménager. Marilyn, avec ce film, émergea comme l’emblème suprême de la plénitude charnelle reconquise, offerte au regard de tous après les années d’efforts et de privations.
C’est tout cela (et bien d’autres choses encore) que nous pouvons lire dans l’image de cette fille anonyme laissant flotter, hilare, sa robe au-dessus d’une grille de métro, sous le regard d’un homme plus âgé qu’elle, représentant par l’extrême banalité de son physique les rêves et les frustrations de l’Américain moyen.
Sherman (Tom Ewell) est en retrait, s’effaçant modestement devant la Fille pour lui laisser le champ libre. L’actrice et le personnage se confondent étroitement en ces quelques secondes, qui leur appartiennent. C’est un moment privilégié, leur moment à toutes deux que Marilyn nous fait partager, sans doute avec la conscience qu’elle est en train de vivre un tournant de sa carrière. Le mâle, velléitaire et pusillanime, rêve-t-il alors d’apaiser avec la Fille son démon de midi (sa “démangeaison de la septième année”)? Son expression mi-figue, mi-raisin traduit surtout un grand embarras. Aucune chance qu’il passe à l’acte et profite de l’absence temporaire de sa femme pour cueillir ce beau fruit défendu. La Fille, par sa candeur extrême, décourage par avance tout passage à l’acte. La tentation restera de l’ordre du fantasme abstrait.
Le photographe a cadré “large”, de manière à capter à la fois Sherman et la Fille en pied et l’effet “gonflant” du souffle d’air souterrain qui va soulever la robe jusqu’à la taille. Toutes les composantes de la scène sont réunies, et c’est bien ainsi que le spectateur va se la remémorer ou, plutôt, va croire se la remémorer.
Car que voyons-nous réellement à l’écran?
Sherman et la Fille sortent d’un cinéma où ils viennent de voir L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR (Le film n’est pas choisi au hasard : il illustre à la perfection le thème de la frustration sexuelle).
Le couple, cadré à la taille, de façon assez “neutre”, déambule en travelling arrière sur le trottoir, devisant sur le triste destin de la Créature. La Fille exprime une compassion comique pour le monstre solitaire. Passant au-dessus de la grille d’aération du métro, elle perçoit sur ses jambes un souffle, et s’arrête.
Sherman observe, intrigué, son soudain ravissement.
La caméra panoramique vers le bas pour accompagner son regard.
Le cadre, bien plus serré que sur la photo, sectionne Marilyn en deux, et la robe, censure oblige, monte bien moins haut que sur le cliché et est maintenue en place à deux mains.
Sherman, lui, est coupé aux genoux. Ni voyeur ni même regardeur, il n’est plus qu’un “objet” neutre, inerte. Les deux corps, littéralement démembrés, sont dépossédés de toute la charge érotique (fort modeste, en vérité) du cliché.
Le plan suivant “verrouille” encore plus le regard, puisqu’il cadre le couple en plan rapproché taille. Il n’y a plus rien à voir.
Le passage d’un autre métro permet de faire rebondir très mollement le “gag” de l’envol, de manière encore plus abstraite que précédemment, un court travelling latéral venant recadrer la Fille à mi-cuisses.
L’épisode se boucle sur un banal “two-shot” du couple, cadré à la taille. Sherman continue de reluquer un instant les jambes de la Fille, mais, nous, ne verrons plus rien.
Question : est-ce la scène (anodine à l’extrême) qui a rendu célèbre la photo? Ou bien ne serait-ce pas plutôt la photo qui aurait fabriqué à partir d’un matériau délibérément fragmenté “une scène de légende” ?
THE EMPEROR WALTZ (La Valse de l’Empereur), de Billy Wilder
4 mai 2011 à 20 h 29 min | Publié dans COMÉDIE ROMANTIQUE | Laisser un commentaireRéalisé peu après la mort d’Ernst Lubitsch, ce film est l’hommage, par trop littéral et un tantinet timoré, de Wilder à son génial et inimitable mentor. Là est peut-être son principal défaut… Ses qualités plastiques, elles, apparaissent assez clairement dans les quelques captures ci-dessous : opulence du Technicolor, charme aristocratique d’une Joan Fontaine très en beauté et affichant une fantaisie insoupçonnée. C’est l’un des deux films en couleurs que l’interprète de REBECCA tourna avant IVANHOE (1952). Dommage, tant la couleur lui va bien…
IN HARM’S WAY (Première Victoire), d’Otto Preminger, générique de Saul Bass
3 mai 2011 à 19 h 49 min | Publié dans GUERRE | Laisser un commentaireLe générique commence après ce lent fondu sur le sourire apaisant de Maggie (Patricia Neal), regardant Rock (John Wayne) s’endormir.
THE BIG HEAT (Règlement de comptes), de Fritz Lang – l’ouverture
2 mai 2011 à 17 h 50 min | Publié dans FILM NOIR & POLAR | Laisser un commentaireCAPTURES DU WEEK-END 6. LE TIGRE DU BENGALE
1 mai 2011 à 15 h 44 min | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaireTags : LANG Fritz, PAGET Debra
REFLETS 7EME SÉRIE
29 avril 2011 à 21 h 12 min | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire1. GENTLEMAN JIM : Errol Flynn (Corbett) voit surgir dans un miroir le reflet du champion déchu John L. Sullivan (Ward Bond), prélude à la scène la plus émouvante du film.
2. Michelle Pfeiffer, INTO THE NIGHT (Série Noire pour une nuit blanche), de John Landis
3 et 4. Reflets de Debra Paget et Paul Hubschmid dans LE TIGRE DU BENGALE, de Fritz Lang. La danseuse sacrée va découvrir dans cette scène son identité et ses racines irlandaises.
5 à 10. REIGN OF TERROR (Le Livre Noir), d’Anthony Mann. Magnifique utilisation du reflet dans cette scène où deux anciens amants (Arlene Dahl et Robert Cummings) se rencontrent dans le noir, sans se reconnaître. Cummings commence par allumer une bougie, qu’il place devant un miroir basculant, puis fait pivoter celui-ci. Simultanément, dans le même mouvement, Dahl relève sa voilette, puis se révèle lentement à nous de face… et reconnaît Cummings. La scène reprend alors l’image du couple dans le miroir. Passé ce bref instant de communion, la méfiance a repris ses droits.
11. Reflet de la colère “céleste” dans l’eau, dans le finale de THE BAD SEED (La Mauvaise Graine), de Mervyn LeRoy, où la méchante gamine meurt foudroyée.
12. Jennifer Jones dans RUBY GENTRY (La Furie du désir), de King Vidor.
13. Kent Smith et Susan Hayward, dans une des premières scène du beau mélodrame MY FOOLISH HEART de Mark Robson (le miroir illustre l’opacité du personnage de Hayward et sa distance d’avec son mari). La raison en sera donnée dans le long flashback qui constitue l’essentiel du film.
CAPTURE DU WEEK-END 5. THE MANCHURIAN CANDIDATE (Un Crime dans la tête), de John Frankenheimer
25 avril 2011 à 18 h 25 min | Publié dans DRAME | Laisser un commentaire
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